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Le rapport Attali ou la pensée unique libérale

mercredi 23 janvier 2008


Communiqué de UNION SYNDICALE SOLIDAIRES

Le rapport Attali sort au moment même où un krach boursier mondial, doublé d’une grave crise bancaire, balaie la planète. Il y a maintenant un risque non négligeable que cette crise en vienne à toucher l’économie réelle avec, à la clef, une possible récession, ou tout au moins un fort ralentissement économique. Cette crise est le produit direct du "laissez faire, laissez aller" qui est la règle de conduite du capitalisme néolibéral dominé par une finance non réglementée.

Dans cette situation, la lecture du rapport Attali pour "libérer la croissance" prend une saveur particulière. Impavides, Attali et les 44 membres de la commission proposent une dérèglementation générale de l’économie et de la société française avec un catalogue de plus de 300 propositions, véritable liste à la Prévert de mesures néolibérales : liberté totale des prix, augmentation de la CSG, instauration d’une TVA "sociale", liberté d’installation pour les grandes surfaces, possibilité pour les entreprises de fixer la durée du travail, suppression de la référence à la durée d’activité pour la retraite, suppression du principe de précaution, etc. Ce rapport prêterait à sourire s’il n’était pas révélateur du gouffre existant entre les solutions proposées et les nécessités de la situation actuelle.

On pouvait déjà se poser la question de savoir si l’objectif de "libérer la croissance" était adapté alors même que la crise écologique se développe.

Attali reste prisonnier de schémas productivistes qu’il veut, de plus, imposer par un surcroît de néolibéralisme.

Comme tous les rapports du même type, il nous promet monts et merveilles en matière d’emploi et de diminution de la pauvreté, alors même que les politiques néolibérales aboutissent à des crises régulières dont le prix est payé par les salariés et, plus largement, par la grande masse de la population.

Depuis plus d’un quart de siècle, les gouvernements, s’appuyant souvent sur des décisions arrêtées en commun au niveau européen, mettent en oeuvre des politiques de déréglementation, de dérégulation, de libertés supplémentaires données aux capitaux, aux investisseurs et aux employeurs. A chaque fois, l’objectif proclamé est "la croissance et l’emploi", ce qui se traduit dans la réalité par un chômage de masse et des inégalités accrues. La commission Attali continue sans surprise dans le même registre.

Résoudre la crise écologique et la crise sociale ne passe pas par "libérer la croissance", ni par l’accroissement des dérégementations qui ne peuvent aboutir qu’à aggraver la situation actuelle de la population. Alors que le partage du revenu national est de plus en plus inégalitaire, que les profits explosent et que le pouvoir d’achat stagne, l’Union syndicale Solidaires refuse toute nouvelle dose de néolibéralisme.

Pour l’Union syndicale Solidaires, ce n’est pas la croissance qu’il faut libérer, c’est la finance qu’il faut brider et la richesse qu’il faut partager !

Le 23 janvier 2008


Les 42 auteurs du rapport Attali :

- M. Philippe Aghion, professeur d’économie à l’université Harvard (Etats-Unis), membre du Conseil d’ analyse économique ;
- M. Franco Bassanini, ancien ministre du Gouvernement de la République d’Italie ;
- M. Claude Bébéar, président de l’Institut Montaigne ;
- M. Jihad Belamri, président-directeur général de BEE (une PME d’études et d’ingénierie industrielles) ;
- M. Christian de Boissieu, professeur d’économie, président délégué du Conseil d’analyse économique, membre du Conseil d’orientation pour l’emploi ;
- M. Stéphane Boujnah, managing director de la Deutsche Bank ;
- M. Peter Brabeck-Letmathe, président-directeur général de Nestlé SA ;
- M. Boris Cyrulnik, médecin, neurologue et psychiatre ;
- M. René Carron, président de Crédit agricole SA ;
- M. Jean-Philippe Cotis, économiste en chef de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ;
- M. Jean-Michel Darrois, avocat ;
- Mme Michèle Debonneuil, nommée dans des fonctions d’inspecteur général des finances, membre du Conseil d’analyse économique, membre du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale ;
- M. Jacques Delpla, économiste, membre du Conseil d’analyse économique ;
- M. Pierre Ferracci, président du groupe ALPHA ;
- M. Xavier Fontanet, ingénieur civil des ponts et chaussées, président-directeur général d’Essilor International ;
- Mme Evelyne Gebhardt, représentante au Parlement européen (groupe socialiste, Allemagne) ;
- M. Pehr G. Gyllenhammar, président de Kinnevik, président de la Banque maritime suédoise, ancien Président de Volvo ;
- Mme Marion Guillou, ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts, présidente-directrice générale de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) ;
- Mme Nathalie Hanet, secrétaire générale du COORACE, Fédération des comités et organismes d’aide aux chômeurs par l’emploi ;
- M. Jean Kaspar, consultant, ancien secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) ;
- M. Yves de Kerdrel, journaliste au Figaro ;
- M. Eric Labaye, directeur général associé de McKinsey au bureau de Paris ;
- M. Jean-Pierre Landau, inspecteur général des finances, sous-gouverneur de la Banque de France ;
- Mme Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’Areva ;
- M. Bruno Lasserre, conseiller d’Etat, président du Conseil de la concurrence ;
- M. Eric Le Boucher, journaliste au Monde ;
- M. Hervé Le Bras, démographe, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales ;
- Mme Reine-Claude Mader Saussaye, présidente de la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie, membre du Conseil de la concurrence ;
- M. Mario Monti, président de l’université Bocconi de Milan (Italie), ancien commissaire européen ;
- M. Pierre Nanterme, président d’Accenture ;
- M. Erik Orsenna, écrivain, membre de l’Académie française, conseiller d’Etat ;
- Mme Ana de Palacio Vallelersundi, avocate, professeur d’université, première vice-présidente et conseillère juridique de la Banque mondiale, ancienne ministre du Gouvernement du Royaume d’Espagne ;
- M. Geoffroy Roux de Bézieux, président-directeur général de Virgin Mobile France, président de CroissancePlus ;
- Mme Dominique Senequier, présidente du directoire d’AXA Private Equity ;
- M. Pierre Sébastien Thill, président du directoire CMS Bureau Francis Lefebvre ;
- M. Philippe Tillous-Borde, président de Saipol et de Diester Industrie ;
- M. Jean-Noël Tronc, directeur général et membre du comité exécutif d’Orange France ;
- M. François Villeroy de Galhau, inspecteur général des finances, président-directeur général de CETELEM ;
- M. Michel de Virville, conseiller maître à la Cour des comptes, secrétaire général et responsable de la performance des fonctions support du groupe Renault ;
- M. Serge Weinberg, président du conseil d’administration et président du conseil stratégique d’Accor ;
- Mme Dinah Weissmann, présidente-directrice générale de Biocortech ;
- M. Theodore Zeldin, écrivain, sociologue, historien, doyen du Saint Anthony’s College d’Oxford (Grande-Bretagne).

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