mardi 17 novembre 2009
Début 2009 la DORH annonce la fermeture de 3 CIGAP : Marseille, Orléans, Maisons Alfort. Il n’est envisagé que 2 propositions à chaque agent. La 1ère proposition concerne uniquement les CIGAP récupérant le travail, la 2ème proposition, l’ensemble des CIGAP. La conséquence : des mobilités de plusieurs centaines de kms. Il n’est rien prévu si les agents refusent ces mobilités. Bonjour l’angoisse quand on sait que Marseille est réparti sur Toulon et Poitiers, Orléans sur Montparnasse, Nancy et Dijon et Maisons Alfort sur Rouen, Nancy, Montigny et Louvre !
C’est une première à la poste, l’esprit de la SA souffle déjà très fort !
Dans le texte final de la CDSP apparaît une 3ème proposition dans le bassin géographique du CIGAP concerné, sans que celle ci soit clairement définie. En effet les agents des CIGAP paient les choix de métiérisation de La Poste. Etant du métier Transverse, les agents des CIGAP ne sont pas les bienvenus dans les autres métiers mieux implantés géographiquement et qui de surcroît ont du mal à reclasser leurs propres agents. En cas de refus de cette dernière proposition plane la menace de mutation d’office !
Métiérisée, sur les rails de la privatisation, l’unité de La Poste n’existe déjà plus au niveau RH !
En février, 15 jours de grève au CIGAP Marseille permettront, entre autres avancées, d’obtenir de nouvelles propositions de postes par les autres métiers. Mais le protocole d’accord est rapidement interprété au rabais par la DORH.
Conséquences dramatiques car la suite ne se passe pas comme annoncé par la DORH. En début d’été, il est clair que de nombreux agents, et notamment à Marseille et Orléans ne pourront être reclassés dans des conditions décentes. C’est alors qu’un agent du CIGAP de Marseille retourne contre elle la violence de cette situation en se tailladant les veines sur le lieu de travail après avoir appris qu’elle n’aurait pas droit à une prime négociée. La Direction refuse la qualification d’accident de service !
La Poste est dans le déni comme hier France Télécom !
Un CHS exceptionnel est demandé par les représentants du personnel. Il se tient 1 mois après la demande (délai maximal utilisé par la DORH) le 09 juillet. Les représentants du personnel demandent que l’ensemble du CHS se déplace sur les CIGAP qui ferment. La Direction reconnaît ce droit aux représentants du personnel, mais ne se déplacera pas. Bonjour l’esprit de responsabilité !
Les visites du CIGAP de Marseille (10 septembre) et d’Orléans (24 septembre) permettent de constater le sentiment d’abandon, et de détresse pour certains, dans lequel vivent les agents non reclassés de ces centres. S’appuyant sur ces rencontres et des questionnaires permettant de mesurer la souffrance au travail, les membres CHSCT demandent qu’un CHS exceptionnel ait lieu à Marseille et un autre à Orléans en présence des médecins de prévention et assistantes sociales.
CHSCT exceptionnel du 30 octobre
La DORH convoque les CHS demandés encore une fois en utilisant le délai maximal d’un mois. Encore une fois elle refuse de les tenir localement et de rencontrer les agents.
Les membres CHS présentent les résultats de leurs visites et font voter la demande de revenir sur la décision de fermeture des centres compte tenu de l’état de souffrance et de détresse dans lequel sont les agents. La Poste vote contre.
Cette demande rejetée, les membres CHS font ensuite voter une vingtaine de propositions pour améliorer autant que faire se peut la situation des agents. La Direction n’en retiendra que 5 : mise en place d’un soutien psychologique local, d’un calendrier d’information actualisé mois par mois pour chaque CIGAP, le principe d’un suivi par le CHS des agents reclassés... Tout ce qui peut améliorer le quotidien des agents est bien sûr bon à prendre, mais comment comprendre le refus de rencontrer les agents, et ces quelques propositions adoptées ne répondent en aucune façon à l’urgence de la situation.
Face à une Direction qui balance entre le déni de la réalité de souffrance que connaissent les agents et l’impossibilité de répondre à certaines propositions car dépassant le niveau de responsabilité de la DORH, que reste t-il aux membres CHSCT pour alerter de l’urgence de la situation ? Notons que cette urgence a été confirmée par les médecins de prévention et l’assistante sociale présentes. Où sont donc les responsables ? Faut-il interpeller le Président de La Poste, le ministre de tutelle ? Alerter les médias ? En effet, alors que le gouvernement demande aux entreprises privées de se saisir de ce problème de la souffrance au travail, peut-on laisser La Poste s’installer dans un tel refus ?
Pour quelques mètres carrés
C’est écrit dans les textes de la CDSP, la décision de fermeture des CIGAP a pour origine la recherche d’économies sur les surfaces immobilières ! Et pour les prochaines années, sur l’ensemble de la filière RH, 3 000 suppressions d’emplois sur 8 000 sont annoncées ainsi qu’un projet de fusion des UGRH et CIGAP ! En effet il faut se mettre de gré ou de force aux standards RH du marché dans la perspective de La Poste SA ! C’est le même chemin qu’ont suivi hier les agents de France Télécom avec les résultats que tout le monde connaît !
Une gestion RH de proximité, c’est un des moyens pour réduire la souffrance au travail née de la déshumanisation. C’est tout l’inverse que l’on constate dans les projets annoncés par La Poste.
Toute la filière RH et tous les postiers doivent se mobiliser pour refuser cette dérive et ses conséquences désastreuses sur la santé des postiers !
Paroles des agents des CIGAP, qui font partie de la poste « 100% publique » !
Pour la DORH ils ne sont que des chiffres dans des tableaux. Elle ignore leur parole.
"...rester attentiste ça flingue le moral à mort... ils mettent la pression sur les gens...pas de travail... rester sans bosser c’est intenable ... l’ampleur des dégâts psychologiques, ils en ont rien à foutre...manque d’humanité... plus de confiance en la hiérarchie, plus de confiance en personne...les gens de la DORH ne sont jamais venus...aucune communication... aucun engagement par écrit sur rien...ras le bol d’en parler au bout d’un moment ; la famille en prend aussi un coup... avoir des échecs successifs dans la recherche d’un poste est démoralisant et dévalorisant... Les mises en concurrence sont difficiles à vivre.... Ils nous prennent pour du bétail, des pions... aucune considération pour les personnes.. . pas de respect... des nuits où je n’ai pas dormi du tout...les salles et les armoires qui se vident... tu t’investis et à la fin tu as un avis défavorable, c’est la double peine... Est ce qu’on a le droit de nous faire subir ça... est ce que hier on aurait accepté n’importe quel poste au rabais... Ils ne font pas la 3ème proposition, cela facilite l’acceptation car la pression devient rapidement intolérable... on ne prend pas de congé maladie, on a peur qu’ils en profitent contre nous ..."
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