jeudi 26 novembre 2009
Il y a plusieurs manières de privatiser le service public "imprivatisable" aux dires du ministre (impayable) Estrosi.
En commençant par changer le statut de La Poste en Société Anonyme bien sûr, mais aussi en ouvrant à la concurrence, en distribuant les parts de marché.
"L’alternative privée à La Poste", "La poste alternative", comme indiqué sur leur site internet aujourd’hui fermé.
Oui, avec Alternative Post, une autre Poste est possible !
Voilà la courte histoire, mais histoire édifiante, de "La poste alternative"
Encore merci à Daniel Mermet, à Antoine Chao, à l’équipe de La Bas si j’y suis, pour cette histoire là. Vous pouvez l’écouter en totalité et la podcaster ici
Petite balade à travers de larges extraits
1 Alternative post donc
2 Etat des lieux au 11 novembre 2009 - Quand la Direction déménage le matériel - Alternative Post : trophée du meilleur espoir - Avant garde de la privatisation
3 Le "modèle" Alternative Post - Supprimons l’adresse - localisons par GPS - c’est ça une PME innovante - Et les salaires ? - Et les voleurs volés
4 La brutalité - S’organiser - Il n’y ajamais de mouvement spontané - Occupation des lieux
5 Avant garde de la libéralisation du courrier - créneau du courrier industriel sur les grandes villes - Comment on truande sur l’adresse - dumping social - Lettres en souffrance - belle pub : le facteur en rouge et noir avec son pda - vive la géolocalisation !
6 Découverte du syndicalisme - la solidarité pour résister
7 Usine à gaz pour retrouver l’adresse... codée - les clients : Amnesty, Canal+, Capital, Télérama, la SNCF... - Les sacoches sont toujours là... pleines
8 21 concurrents déjà - FAPA, un lobbie en devenir - Prédateurs sans risque- Etre ou ne pas être... prolétaire ? ouvrier ?
9-10 Dirigeants langue de bois - Défendre ses droits - les actions - Service public et donc reclassements à La Poste
11 La solidarité ça existe - le service public comme évidence - Privatisation : faut pas les laisser faire
Lettre ouverte au Ministre de l’Industrie de la fédération Sud-PTT concernant la situation d’Alternative Post
Monsieur le Ministre,
Quelques jours après l’adoption au Sénat et avant l’examen à l’Assemblée nationale de la loi relative au changement de statut de La Poste et à la transposition de la directive postale, la situa- tion d’Alternative Post soulève plusieurs problèmes. Cette société dont les patrons affirment ne plus avoir les liquidités pour payer fournisseurs et salariés, a cessé toute activité depuis le 10 novemb- re et, sans doute, de manière définitive. Il est à souligner que les salariés, dont les salaires d’octo- bre n’ont pas été versés, ont trouvé, jeudi 12 novembre, les portes de leurs agences closes sans aucune information préalable.
Evidemment, la situation des 340 salarié-e-s de cette entreprise est profondément choquan- te. Il existe une urgence absolue à régler le paiement de leurs salaires et de trouver des solutions de reclassement. L’urgence est d’autant plus forte que la grande majorité de ces salarié-e-s émar- gent au SMIC. Il est également à noter que beaucoup d’entre eux travaillent à temps partiel.
Pour notre part, la meilleure solution, en cas de cessation d’activité de l’opérateur alternatif, est une priorité d’embauche à La Poste pour les salarié-es d’Alternative Post qui le souhaitent, et cela pour deux raisons. D’une part, La Poste récupérera, de fait, le trafic d’Alternative Post. D’autre part, l’opérateur historique est la seule entreprise du secteur du courrier à pouvoir offrir des solu- tions de reclassement.
Au-delà de cet aspect social, cette situation est révélatrice des dégâts de la libéralisation de la distribution du courrier et suscite des questions sur le rôle de l’ARCEP.
Tout d’abord, il serait important de connaître les critères retenus par l’agence de régulation pour accorder les licences. Selon les propres termes de ses membres, il existerait trop peu de concurrence dans ce secteur d’activité. Il est à craindre que ce jugement amène l’ARCEP à accor- der les licences de manière laxiste, sans vérification de la viabilité de l’entreprise et de ses capaci- tés à respecter ses obligations, afin de favoriser l’émergence de nouveaux opérateurs.
L’autorisation accordée par l’ARCEP à Alternative Post pour contourner la loi relative au secteur réservé (par la codification des adresses) est un exemple de la volonté de l’autorité à développer la concurrence par tous les moyens.
De plus, la situation actuelle d’Alternative Post pose un problème d’ordre public. Des dizai- nes de milliers de plis sont entassés depuis plus d’une semaine engendrant un préjudice important tant pour les expéditeurs que pour les destinataires. D’ailleurs, personne ne sait aujourd’hui si ces courriers, émanant par exemple de banques ou de grandes entreprises publiques comme la SNCF, arriveront un jour à ses destinataires. Pour des associations caritatives qui avaient confié les cour- riers contenant des appels aux dons, cette situation aura d’énormes conséquences négatives, qui plus est dans la période de fin d’année.
Enfin, l’ARCEP est de nouveau mise en cause par son manque de réaction devant les tas de courrier accumulés depuis plus d’une semaine, sans surveillance, dans des agences vides. Il est à se demander quels sont les moyens réels de cette autorité pour contrôler les opérateurs pour ce qui concerne leurs obligations. De plus, son silence sur les solutions à apporter aux expéditeurs et aux destinataires lésés par la cessation d’activité d’un opérateur est tout aussi révélateur de l’étroi- tesse de son rôle, à savoir le développement de la concurrence même au détriment de la qualité du service. Il est à souligner que le Sénat a voté un amendement désignant l’ARCEP comme l’orga- nisme indépendant chargé d’évaluer le coût du réseau postal. A la lumière de la situation présente, cette décision porterait de graves menaces sur l’avenir du réseau des bureaux de poste.
Pour Sud-PTT, la situation d’Alternative Post et du secteur du courrier est la démonstration des dégâts que provoque la libéralisation de ce secteur économique très particulier et essentiel pour l’activité économique et pour les usagers. Nous considérons que le gouvernement serait avisé de revoir sa position au sujet de la transposition de la directive européenne relative à la libéralisa- tion complète de ce marché.
Nous souhaiterions vous rencontrer pour évoquer la question de la libéralisation de ce mar- ché et des décisions à prendre dans l’intérêt des salarié-es d’alternative Post.
Soyez assuré, Monsieur le Ministre, de notre parfaite considération.
Pour la Fédération Sud-PTT,
Régis Blanchot, membre du Conseil d’administration de La Poste
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