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DISF / DSI E Un rapprochement à la hussarde

vendredi 22 janvier 2010


Ne pas confondre vitesse et précipitation

A chaque étape prévue du “dialogue social”, nous n’avons eu de cesse de rappeler que ce projet de fusion de la DSI-E et de la DISF dans une nouvelle DCN DISFE en 2010 a suscité de nombreuses interrogations pour les personnels concernés. Ces inquiétudes s’inscrivent, bien sûr, pleinement dans le contexte, que nous avons combattu pied à pied, de changement de statut de La Poste.

Nous n’avons cessé de dire que ces inquiétudes étaient amplifiées par la présentation d’un projet inabouti. Chaque fois que nous avons pu le faire nous avons, avec les autres organisations, fait repousser le projet et ainsi à chaque nouvelle réunion, nous obtenions une bribe supplémentaire du projet.

Mais, nous sommes toujours restés sur notre faim, car nous n’avons jamais eu les éléments pour juger de la solidité du projet, ne serait-ce que du point de vue de l’emploi et des conditions de travail, éléments essentiels quand on sait la part de plus en plus importante de la souffrance au travail dans nos grandes entreprises modernes soumises à des injonctions de rentabilité dont la dernière variable d’ajustement est la ressource encore qualifiée d’humaine.

Approuver serait donner un chèque en blanc

Si le dialogue social, c’est parler les uns à la suite des autres, alors oui, nous avons pu parler, si c’est écouter, entendre et répondre aux questions, alors le dialogue a été autistique. Une nouvelle organisation se met en place et ce n’est qu’après que nous pourrons en mesurer l’impact. Onze chantiers doivent mettre en place ce projet, la direction nous en a généreusement fait connaître l’intitulé et les noms de leurs responsables. Nous apprendrons la suite probablement un jour. Mais c’est lors de ce CTP que nous sommes appelé à nous prononcer sur le projet.

Nous ne pouvons accepter l’idée que le contenu et les contours des chantiers ne nous soient révélés qu’après la création de la nouvelle DCN, au fur et à mesure. Nous avons donc dénoncé le fait que les conditions d’un dialogue social franc ne soient pas réunies.

Le personnel, en particulier celui de la DSI-E a subi de trop nombreuses réorganisations à vocation durable pour donner sa confiance à des promesses. Ceci est d’autant plus inquiétant quand La Poste refuse d’intégrer certains aspects dans les contrats de travail, comme l’inscription d’une clause de mobilité circonscrite au bassin d’emploi géographique.

Observateurs des dégâts causés par ces restructurations permanentes, nous ne les avons jamais soutenues. Mais les personnes qui ont été intégrées de gré ou de force dans ces nouvelles organisations ne sont pas responsables de la casse des savoir-faire qui en résulte.

Un volet RH fumeux

Le volet RH résume bien l’attachement accordé au personnel dans ce projet, au-delà de l’affichage du maintien des effectifs globaux. En effet, il se résume à une seule proposition de poste, voire deux au mieux, et à un minimum de moyens de formation, alors que dans les projets de restructurations 3 postes sont généralement proposés. Nous constatons qu’aucune compensation n’est prévue pour les agents réorientés.

Le maintien des effectifs par site n’est pas garanti et donc à terme la viabilité des sites. Les effectifs cible par Direction de la future DISFE ne sont pas indiqués. Nous ne pouvons qu’être inquiets en regardant les évolutions prévues au niveau de l’activité pour certains sites.

Quid de la sous traitance ?

S’agissant de la sous-traitance, la Direction nous parle de ré internalisation partielle. Mais elle refuse de nous fournir un descriptif précis de la sous-traitance quantifiée par Direction et projet, ce qui nous permettrait d’avoir accès à la question de l’emploi dans notre Direction et de juger de la réalité de cette ré internalisation. Nous constatons bien au contraire qu’elle prévoit d’externaliser un peu plus en changeant sa stratégie de sous-traitance et en passant au forfait hors locaux de La Poste ou en Infogérance.

Nous avons demandé que la Direction embauche les sous-traitants en régie présents à La Poste depuis plus de 18 mois si ces personnes le souhaitent. En effet, La Poste ne peut méconnaitre les aspects légaux de la sous-traitance : interdiction du prêt illégal de main d’oeuvre et délit de marchandage, usages licites et illicites de l’intérim…

La garantie de nos emplois a été notre préoccupation constante, elle passe par la pérennité de nos services informatiques et le maintien des emplois sur site. C’est pourquoi nous n’avons cessé de demander une véritable ré internalisation avec les créations d’emploi correspondant à l’activité.

Le projet restera « faire mieux avec moins » ! Ceci signifie des suppressions d’emplois, même s’il s’agit de suppressions d’emplois tenus par des prestataires.

Nous constatons également depuis la création de la DSI Enseigne, les nombreuses récriminations portées par les personnels, et notamment par les cadres supérieurs sur le style de management brutal exercé dans cette Direction.

Le dialogue avec La Poste a été impossible. La marche forcée sur ce projet, comme elle l’a fait dans le dossier de privatisation, est loin d’avoir tenu compte des revendications du personnel. Ce n’est pas le service public postal qui est cœur de ce projet, mais l’unique profit pour La Banque Pos- tale.

Des question en suspens

Nous avons demandé sans être le moins du monde entendu que la direction revoie son calendrier et ses méthodes de dialogue social. Alors que La Poste nous demandait de signer un chèque en blanc, ce que nous ne faisons jamais, nous avons dû nous opposer à ce projet dans sa forme actuelle, ce qui est évidemment dommage pour un projet qui devrait recevoir l’adhésion du personnel.

De nombreuses questions restent pour nous sans réponses. Toutes les instances de concertation locale y compris les CHS-CT locaux, seront-elles maintenues ?

Nous nous demandons toujours comment il est possible que des agents de La Poste soient managés par des salariés de La Banque Postale, et comment des agents qui travaillent pour le métier de l’Enseigne peuvent être rattachés au métier des Services Financiers.

Nous demandons toujours que les contrats de travail et avenants aux contrats de travail de la DISFE aient une clause de mobilité « dans le bassin d’emploi géographique » et non « à tout endroit où la direction pourrait s’établir ».

Concernant les agents des directions qui sont fortement réorganisées et à qui il est demandé une évolution fonctionnelle, nous avons demandé que, pour ces raisons et non pour suppressions d’emploi, les agents bénéficient de mesures RH, dont les mesures d’âge comme le DAFA.

Nous nous demandons toujours ce que deviennent les deux directions ayant perdu leur statut de DCN, alors que les personnels de ces deux directions dépendent toujours de leurs instances paritaires (CAP/CCP) jusqu’aux prochaines élections.

C’est pourquoi ce 21 janvier 2010, la fédération SUD PTT représentée par des agents des deux entités a voté contre ce projet de rapprochement en l’état, conscient des risques qu’il porte en lui pour les conditions de travail et l’aggravation de la souffrance au travail.

Pour nous à la DISFE, comme avant, le combat continue pour la défense d’un service de qualité dont l’informatique doit être le moyen et non le vecteur de l’accroissement du profit au détriment du personnel et des usagers de La Poste.

Résultat du vote du CTP sur le projet

Pour 10 (LA Poste)
Contre 8 SUD CGT FO CFTC
Abst : 2 CFDT

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