jeudi 20 octobre 2005
La Poste se met en 4 pour moins bien nous servir
Le projet PFT participe à la casse du service public postal. Les fonctions transverses ont toujours été le lien garant de l’unité de La Poste, comme dans toute entreprise. Les transférer aux 4 métiers (colis, courrier, SF -Banque postale, réseau BP) c’est signer la mort du service public postal, c’est se mettre en situation de privatiser rapidement tout ou partie de La Poste.
Découpe à la hache
La casse, c’est également celle de nos services. Ainsi en est-il du scénario abracadabrantesque de découpe en 5 de la DIRR alors qu’un seul métier à l’avenir incertain (du fait des incertitudes pesant sur la Banque Postale) est présent sur Nantes.
Cette casse a un coût d’où le symbole mis en avant à la DIRR : « Voulez vous flamber des millions avec Philippe LAZARE »
Il ne s’agit pas ici d’une restructuration au sens classique, pour obtenir des gains de productivité, telle celle qui était en cours début 2005. Bien au contraire, on démutualise, on multiplie les coûts, pour un service rendu qui sera dégradé au final !
Une Direction comme la DIRR était fortement mutualisée, cette mutualisation était le résultat d’investissements lourds, mais qui d’un point de vue économique pouvaient se justifier.
Le partage des « ressources » matérielles et des compétences humaines est aujourd’hui en cours. Ils détricotent tout ce qui avait été fait auparavant.
Un simple exemple révélateur pour mieux comprendre le gâchis.
Le service Achats de la DIRR traitait pour 12M€ d’achat de prestations intellectuelles (sous-traitance) en 2001, 24 M€ en 2004. On peut mesurer au passage l’explosion de la sous-traitance ! On peut également percevoir quels gains de productivité ont été réalisés. Ils ont été obtenus par mutualisation (et aussi pression sur les effectifs au détriment des conditions de travail du personnel), les effectifs n’ayant augmenté que d’une unité et demi et ceci en 2004 et 2005.
Le gâchis est tellement monstrueux que les dirigeants locaux, peut-être plus au fait des réalités, veulent conserver une partie mutualisée : les Equipements internes et Logistique qui presteront auprès des nouveaux services avec facturation interne.
Mais pourquoi alors ne pas fonctionner ainsi pour la DSP, la DPIL, la DRI, les domaines RH , Compta, Achats... au sein d’un même service ?
Ce scénario qui préservait la mutualisation et était économiquement parlant peu coûteux, ils n’en ont pas voulu parce qu’il est clair que l’unité de La Poste est un rideau de fumée, que la performance des fonctions transverses est également un rideau de fumée et que leur véritable objectif en définitive est bien la casse de nos services !
Nettoyage au Karcher
En sortie d’un tel scénario quel avenir aurons les cinq services résultant de cette découpe sauvage ?
Avec les mêmes effectifs, ils auront perdu des compétences, et seront donc moins performants. On est loin de l’objectif premier affiché par PFT : Performance des fonctions transverses !
Conséquence directe : ces entités si elles veulent survivre, auront encore plus recours à la sous-traitance.
Le taux de sous-traitance actuel est voisin de 50%, quel taux vont atteindre ces entités ?
À ces taux là, l’externalisation redeviendra vite la solution économiquement la plus rentable. Et là nos Dirigeants sauront nous resservir le discours sur la nécessité de mutualiser ou sur le manque de compétences et de compétivité de nos services.
La disparition des services informatiques de La Poste nantais pour prendre cet exemple, ne profitera qu’à la marge aux SSII nantaises parce que c’est la présence de nos services qui fixe l’emploi qualifié localement. Après il faut voir ce qui se passe chez IBM ou HP : on trouve toujours moins cher ailleurs.
Ceux qui peuvent tirer leur épingle du jeu sont les spécialistes de l’externalisation, de l’infogérance, de la TMA.... Et l’implantation récente du centre de services de Stéria à Nantes n’a rien de rassurant !
Combien ça coûte
Maintenant quand on mesure le gachis sur une entité comme la DIRR :
Coût des chantiers de mutualisation de la DIRR jetés début 2005
Coût des travaux sociétés de service et d’audit pour la mutualisation
Coût des investissements sur la mutualisation (formations, expertises, méthodes ...)
Coût des investissements matériels et logiciels mutualisés
Coût du projet de facturation interne
Coût de la démutualisation de la DRI
Coût de la démutualisation de la DSP
Coût de la démutualisation de la DPIL
Coût des pertes de productivité
Coût des études de réorganisation des entités cibles
Coût des travaux des sociétés de service et d’audit pour les réorganisations (Eurogroup déjà à l’oeuvre dans le cadre de la réorganisation de la DORH)
Coût de la sous-traitance pour pallier les pertes de compétences
...
Cette addition, non exhaustive, est déjà impressionnante. Ce ne sont pas des milliers d’euros ou des centaines de milliers d’euros, c’est en millions d’euros qu’il faut calculer.
La DIRR n’est qu’un petit laboratoire au sein du système d’information, imagine t-on maintenant ce que coûte au niveau de La Poste la mise en 4 métiers, prélude à la privatisation ?
Tous comptes faits, le gâchis de PFT se révèle être un énorme scandale.
L’addition s’il vous plait
C’est généralement ceux qui cassent qui doivent payer. Mais ce n’est pas le cas pour Philippe LAZARE et Jean-Paul BAILLY. Ceux qui paieront les pots cassés sont les postiers et les usagers du service public.
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